Originaire de Bretagne, Yannick Robert a débuté très jeune ses expériences musicales au travers d’instruments locaux (Cornemuse, accordéon, bombarde…)
Puis c’est la guitare qui touchera le cœur de l’artiste et qu’il étudiera en premier à Paris au CIM puis aux USA au" Guitar Institute Of Technology".
Là, il suivra les cours de Joe Pass, Joe Diorio, Scott Henderson, Robben Ford et Karl Schroeder, sans compter d’extraordinaires rencontres avec John Scofield, John Abercrombie et le regretté Jaco Pastorius...
Puis ce sera la Belgique avec de belles rencontres dont le batteur André Charlier et le bassiste Benoît Vanderstraeten.

Je vous engage à parcourir la biographie de Yannick Robert sur son site pour obtenir l’ensemble des informations sur ce guitariste.
Cela fait quelques années que Yannick consulte Mac & Guitare, surpris de s’y retrouver, mais naturel pour nous, car Yannick est vraiment le genre d’artiste que nous recherchons, ne se contentant pas d’être un excellent guitariste, mais également un extraordinaire compositeur / arrangeur, passionné de Jazz, de Jazz-Fusion et de tant d’autres choses, des projets plein la tête dont nous allons parler lors de cet interview …
L’interview :
Doc Mac : Bonjour Yannick, peux tu nous dire ce qui t’a amené à la guitare et quelles sont les raisons qui t’on fait aller vers le monde du jazz ?

Yannick Robert : J’ai commencé la guitare à l’âge de 14 ans. Depuis l’âge de 9 ans je jouais de l’accordéon, ce qui m’a appris ce que c’était que travailler un instrument, mais à 12 ans je ne me retrouvais plus dans le répertoire essentiellement "musette" de l’époque, alors je me suis mis à la guitare, j’ai commencé par le classique, puis le "picking", etc...
Doc Mac : Depuis 1991 tu as déjà 4 albums à ton actif qui explorent les domaines du Jazz et du Jazz-Fusion. Peut–on en conclure que tu es dans une forme de recherche musicale depuis ce premier album qui tend vers un style unique qui semble se dessiner au fil de ces albums ?
Yannick Robert : Certainement, comme tout musicien, avec les années j’ai une idée plus précise du son que je veux développer. Depuis le début je joue exclusivement aux doigts, sans médiator, ce qui à l’époque était assez rare dans le domaine du Jazz, et un peu plus répandu aujourd’hui. Mais j’aime profondément cette technique, je pense qu’elle autorise davantage de nuances dans le jeu puisqu’elle élimine un intermédiaire entre le son que l’on a en tête et celui qu’on produit. Pour ce qui est du style, j’en suis venu naturellement au Jazz parce que c’est à mon sens une musique qui n’est pas figée, qui n’est pas dépendante de la mode et qui permet une grande liberté dans son expression.
Doc Mac : Deux projets d’albums vont voir le jour en 2010, l’un sous forme de trio "Pop goes to Jazz" dans lequel certains titres de Sting seront présents, peux-tu nous en dire plus sur ce projet que nous suivrons avec attention ?
Yannick Robert : l’idée consiste à jouer des standards, mais des standards contemporains, issus du répertoire Pop-Rock, et tout particulièrement celui de Sting que j’aime par-dessus tout. Cela fait deux ans que je me produis en trio avec une formule plus "soft" (guitare électro-acoustique, contrebasse, batterie) avec ce répertoire, qui est très ludique à jouer, et à chaque fois l’accueil est très bon. Il est temps de l’enregistrer !
Doc Mac : L’autre est un projet qui te tiens particulièrement à cœur "Urban Celtic" dont tu parles déjà un peu sur ton site, il ne faut pas être devin pour imaginer dans ce titre un mélange "Celtic/Jazz", mais peux-tu nous en dire plus sur ce qui a motivé ce projet et l’état d’esprit dans lequel tu l’abordes ?
Yannick Robert : ça remonte à l’époque où je jouais de la cornemuse, de la bombarde, de la flûte irlandaise, et où j’ai découvert tout le répertoire de musique Celtique, qui est un matériau fantastique avec des mélodies cycliques, obsessionnelles, qui m’ont permis par imitation de ces instruments, de développer un phrasé particulier sur la guitare. Après plusieurs années passées à jouer du Jazz et du Jazz-Fusion, toute cette culture Celtique est remontée à la surface et j’ai commencé à écrire de plus en plus de thèmes à influence celtique sur lesquels je prends vraiment beaucoup de plaisir à improviser.
Et il y a deux ans j’ai rencontré un flûtiste à bec qui s’appelle Benoît Sauvé et qui fait figure d’ovni dans son instrument, tant il maîtrise avec un égal bonheur le phrasé Be-Bop et le phrasé celtique. Regardez-le doubler un chorus de Metheny ou de Coltrane en vidéo et vous comprendrez !

Doc Mac : Dans ta biographie, on apprend que tu as un partenariat avec la marque Ibanez, particularité tu joues en "fretless" ! Peux-tu nous dire quelles sont les guitares que tu utilises et quelle est ta préférée ?
Yannick Robert : je suis endorsé par Ibanez depuis 1992 et je suis également, depuis 1995, directeur pédagogique des écoles de guitare Ibanez, un réseau qui compte 26 écoles à ce jour. C’est une marque dans laquelle je me sens bien, dirigée par des gens à l’écoute des musiciens, ce qui m’a permis de développer un modèle signature Fretless il y a quelques années. Sinon je joue principalement sur un modèle Sabre Prestige, équipée de deux micros à double bobinages et d’un capteur piezo. J’y ai ajouté un capteur Roland GK2 que je relie à un synthé GR50 Roland, ce qui me donne une gamme de sons assez large ! J’ai aussi d’autres modèles comme une Artist AS 200 de 1978 qui sonne de manière incroyable, et des électro-acoustiques nylon (Talman et S Classic).
Doc Mac : Tu partages, avec notre ami le guitariste Philippe Heuvelinne, une passion pour l’écriture de méthodes d’apprentissage de la guitare qui vont du débutant au guitariste confirmé, avec en outre un volume consacré au Jazz-Fusion "Les plus grands plans Jazz & Fusion" ( nos lecteurs trouveront l’ensemble des ouvrages ici ), ce qui veut dire que la pédagogie est au centre de tes préoccupations, quels sont les retours que tu obtiens de la part des utilisateurs de ces méthodes d’apprentissage et est-ce le meilleur moyen pour toi de donner le virus du Jazz à de nombreux guitaristes ?
Yannick Robert : les retours sont fantastiques, tant dans les masterclasses ou stages que j’anime, que sur internet ! Je reçois régulièrement des mails de guitaristes, parfois du monde entier, qui ont travaillé sur une de mes vidéos ou une de mes méthodes, et qui me remercient de leur avoir fait "gagner du temps".
L’enseignement est très important pour moi, c’est une autre façon de transmettre la musique, et aussi d’explorer pour soi de nouvelles pistes qui permettent d’élargir son vocabulaire de jeu.
En plus du réseau d’écoles Ibanez, je suis intervenant au "Music Academy International" de Nancy depuis pas mal d’années maintenant, c’est une école de pointe extrêmement active qui nous permet d’être en contact avec les nouvelles générations d’élèves, de voir ce qu’ils aiment et de répondre à leurs questions, c’est vraiment stimulant.
Dernièrement j’ai publié "Le jeu aux doigts" ( chez ID Musique ) qui est une des méthodes dont je suis le plus satisfait car elle traite de ma technique de jeu aux doigts, dans tous les styles, en accompagnement et en solo. J’ai pu y mettre tout ce que j’aime, qui est important à mes yeux, y compris des morceaux que l’on ne trouve pas habituellement dans d’autres ouvrages.
Et ce mois-ci je dois enregistrer la version vidéo des "Plus grands plans Jazz-Fusion" ( éd. Connection ).
Doc Mac : Pour les jeunes guitaristes qui ne connaissent pas encore toutes les techniques de guitare, le mot « Fretless » peut paraître abscond, peux-tu nous dire en quoi consiste cette technique qui est souvent plus répandue chez les bassistes que les guitaristes, et nous parler de la raison de ce choix ?
Yannick Robert : Fretless signifie "sans frettes", et ça permet d’avoir un touché très fluide sur l’instrument, et de pouvoir jouer en toute liberté tous les sons compris dans un intervalle de demi-ton. Alors c’est très facile d’être faux au départ, car il faut jouer le rôle des barrettes (frettes) avec les doigts et on re-découvre alors ce qu’est la justesse d’une note !
Mais avec un peu de pratique, aidée par la mémoire de déplacements des doigts, on arrive à produire des sons qui vibrent, un peu à l‘instar des violonistes ou des violoncellistes, et qui sont infiniment plus riches en harmoniques que sur un instrument "fretté".
Doc Mac : Pour les guitaristes qui aimeraient aborder en douceur le jazz, peux-tu nous dire quel est l’équipement (guitare, ampli, etc…) qui est nécessaire pour débuter et quelles sont les méthodes que tu as publiées que tu recommanderais ?
Yannick Robert : le matériel c’est toujours une question délicate, c’est très subjectif ! On peut être à l’aise sur un type de guitare, et moins sur un autre. Je pense que la première chose à faire c’est d’aller essayer toutes sortes de modèles dans un grand magasin spécialisé, de ne pas se laisser trop influencer par le vendeur et de n’écouter que soi. Ensuite ça n’est pas la peine d’acquérir comme première guitare un modèle très cher, d’abord parce qu’on n’est pas sûr de continuer, et ensuite parce qu’il vaut mieux travailler au départ le son que l’on produit avec les doigts, ou le médiator, sans artifice, sans effets. Je ne compte pas le nombre de guitaristes qui ont dès le départ travaillé avec un son saturé, et qui se retrouvent totalement handicapés quand on leur demande de jouer en son clair ! Après tout dépend du style. Une guitare "Solid Body" type GRX ou GSA, qui existe en pack avec un petit ampli chez Ibanez , convient parfaitement pour démarrer. Si l’on veut commencer tout de suite par une guitare à caisse on peut se tourner vers la série Artcore toujours chez Ibanez qui produisent de très beaux modèles de guitare Jazz et Blues tout à fait abordables.
Doc Mac : De la même manière, peux tu nous décrire ton équipement favori (amplis, pédales d’effets, etc...) que tu utilises sur scène ?
Yannick Robert : une guitare S2020X Prestige, avec des amplis variables (Laney, Hugues & Kettner, Fender ou Roland), un synthé guitare GR50 avec capteur GK2, un multi effet G Force de chez TC Electronics, une pédale Rotosphère de Hugues & Kettner, et une saturation TS9 Ibanez.
Et en trio électro-acoustique, une Talman Ibanez cordes nylon avec un ampli Acoustik Markbass AC 101, et mon G Force.
Doc Mac : Tu invites régulièrement des musiciens à jouer avec toi, peux-tu nous faire quelques révélations sur les invités qui seront à tes côtés cette année ?
Yannick Robert : cela va dépendre de la forme définitive de mon groupe Urban Celtic, que je n’ai pas encore décidée, mais il y a plusieurs options. J’ai pris beaucoup de plaisir à jouer l’an dernier avec l’harmoniciste Sébastien Charlier. IL y a d’autres noms auxquels je pense mais il est encore trop tôt.
Doc Mac : Utilise-tu un Mac et si oui lequel ?
Yannick Robert : oui j’utilise le Mac depuis 10 ans et actuellement je travaille sur un iMac Intel Core 2 Duo avec un processeur 3.06 GHz
Doc Mac : Quels sont les logiciels de MAO que tu utilises ?
Yannick Robert : j’utilise Logic Pro 8 pour tous mes projets, avec une carte son Presonus Firebox. Et si j’ai besoin de faire des boucles de travail rapidement, Garage Band fait ça très bien.
Doc Mac : Utilise-tu ton Mac sur scène et pour quelles tâches ?
Yannick Robert : non pas pour le moment, mais j’y pense pour Urban Celtic.
Doc Mac : En 2010 tu as déjà quelques dates de concerts dont plusieurs avec notre amie la Saxophoniste Céline Bonacina, peux-tu nous dire comment est arrivée cette belle rencontre et quelle est la philosophie de ces concerts en commun ?
Yannick Robert : j’ai rencontré Céline il y a huit ans lors d’une tournée à La Réunion avec mon trio. Elle vivait là-bas et jouait beaucoup sur la scène Jazz réunionnaise. On l’a invitée à jouer quelques morceaux avec nous et voilà. Il y a deux ans, alors de retour en France, elle m’a appelé pour quelques dates avec son trio, et je suis ravi que cette histoire se prolonge cette année. La musique d’Aléfa (nom du trio) est une musique très gaie, très optimiste, empreinte des rythmes de l’Océan Indien, ce qui m’oblige à travailler sérieusement toutes ces pulsations qui sont nouvelles pour moi ! C’est vraiment une collaboration que j’aime.
Doc Mac : En te remerciant d’avoir pris le temps de répondre à nos questions avec nombre de réponses qui ne manqueront pas de passionner quelques guitaristes et créeront peut être quelques vocations vers le Jazz…
Et dans quelques semaines une nouvelle interview de Yannick Robert, mais cette fois autour du Mac et de Logic pro...
Si vous préférez commander les CD, voici les liens que vous trouverez dans notre partie CD/DVD :
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